mardi 24 octobre 2017 Littérature

Petit Blanc - Nicolas Cartelet - Mü Editions

Petit Blanc par CarteletDans l'espoir d'y trouver meilleure fortune qu'en France, Albert Villeneuve s'embarque pour un long voyage vers les colonies avec sa femme et sa fille. Il accoste seul à Sainte-Madeleine, son moral et ses espoirs noyés loin derrière lui.

Commence alors une nouvelle vie, faite d'alcool, de mensonges et de frustrations. Piégé sur cette île devenue prison, Albert fuit la folie vengeresse du sergent Arpagon. Sur la route du café, il cherchera la paix intérieure.

Petit Blanc est un conte cruel et onirique sur l’absence et les espoirs perdus. Nicolas Cartelet nous entraîne dans un monde où immigrés pauvres et peuples colonisés partagent les mêmes chaînes.

 

Nicolas Cartelet

Nicolas CarteletNicolas Cartelet est auteur, éditeur et scénariste.

Historien de formation et spécialiste de l'Antiquité grecque, il est titulaire d'un doctorat en la matière.

Passionné par la transmission des savoirs, Nicolas Cartelet entremêle éléments mythologiques et historiques dans ses romans.

Il a collaboré à la collection 50 Minutes et a publié Rêves de futurs en 2014 aux éditions Ouest France.

Mais c'est aussi en 2014 qu'il publie son premier roman Néagè et plonge le lecteur dans un futur spatial aux teintes mythologiques. Néagè est une trilogie où transparaissent ses lectures, ses rêves et ses centres d'intérêts.

Nicolas Cartelet est également auteur aux Éditions Walrus Books avec Time-Trotters.

Il est chargé du développement numérique et éditeur BD-Adultes aux éditions La Musardine depuis 2014.
En 2016, il a publié Aux origines de la pédérastie aux éditions La Musardine, essai dans lequel il explore les multiples facettes de l'homosexualité en Grèce Ancienne.

Petit Blanc paru en 2017 aux éditions du Peuple de Mû est son tout dernier roman.

Prendre un nouveau départ, est-ce possible ?

Résultat de recherche d'images pour "pocahontas ratcliffe"Découvrez un récit entre rêve et réalité, espoir et désillusion !

Qui n'a jamais rêver de voir si c'était mieux ailleurs ? De tout abandonner pour tout recommencer ? D'oublier pour renaître ? D'espérer une vie meilleure ?

La découverte de nouvelles terres et la création des colonies a permis dans le passé, à des milliers de gens, de recommencer. Petit Blanc nous emmène en 1895, alors que les vagues de colonisation continuent de se succéder et que des milliers d'émigrés rêvent d'une vie meilleure dans un nouvel Eldorado.

C'est le cas de notre héros, Albert Villeneuve, qui décide de quitter la France pour une destination lointaine.Tellement loin, qu'il espère que son passé restera sur le quai du port qui le verra partir avec sa famille.
Albert est porté par l'espoir dès le début du roman et malgré sa déchéance, il n'abandonnera jamais d'essayer de trouver sa place.

(A savoir que les Petits Blancs des Hauts étaient les premiers habitants des Hauts de l'île de La Réunion, dont la peau était claire et dont le statut social était peu élevé. Leurs descendants, qui portent toujours cette appellation, ont aujourd'hui un statut social plus hétérogène. Cette communauté est principalement d'origine européenne.)

Mais il est bien difficile de tout recommencer quand le sort s'acharne...
Et Albert accumule les pertes : proches, travail, conscience...

"- Maman est partie, que je lui avais dit en ravalant mes larmes. Faudra t'endormir seule. Plus de berceuses.
- Elle est partie pour toujours ?
C'était trop pour que je reste honnête. Les enfants, faut leur raconter des histoires.
- Pas pour toujours. Elle a juste pris de l'avance sur notre rêve. On la retrouvera, à la fin. C'est promis."

Et son réveil va être brutal car il coïncide avec sa rencontre avec le malfaisant Sergent Arpagon, qu'on pourrait croire sorti tout droit du pandémonium !

A noter que le personnage d'Arpagon m'a beaucoup fait penser au méchant de Pocahontas, le capitaine misérable Ratcliffe.

Albert se retrouve face à un choix cornélien : rester et mourir ou fuir et vivre ?
C'est ainsi que débute une chasse éperdue, où Albert devient le gibier dans la forêt tropicale où celui-ci s'est réfugié.
Arrivera-t-il à s'échapper ? A trouver des réponses à ses questions ?

Car Albert n'est pas seul face à l'adversité et sa route croisera celles d'Arona et Siwane, Loane et sa famille ou encore celle de l'optimiste forcené Alcide, qui sauront lui tendre une main secourable et nombre de paroles apaisantes et pleine de sagesse. (ou de boîte de thon !)

Petit Blanc, c'est la quête du bonheur, de l'espoir mais aussi de la rédemption.

"L'alcool en définitive n'avait anesthésié que les bien petites choses, le goût du travail, les angoisses de la maréchaussée, le soucis de l'hygiène, il avait poli ma tristesse pour n'en conserver que le cœur, le pur de tout alliage, celui fait du deuil et des regrets éternels."

Petit Blanc est une parabole qui oscille entre quête initiatique, conte tragique et dénonciation d'une situation (fatum) qui empêche de réaliser ses rêves.

Dans ce roman, tout est question de petitesse. Celle de l'âme comme celle de la condition. Les seules choses qui y échappent sont les désirs, ceux du héros et ceux du grand méchant de cette histoire.
De nombreuses thématiques sont abordées sociales ou morales : la colonisation, le désir, la déchéance, la dépression, le destin, la fatalité, l'espérance, etc. Si Petit Blanc fait voyager, il donne aussi beaucoup à réfléchir.
Certains pourront peut-être penser à Candide ou l'Optimisme de Voltaire, même si l'intrigue reste très différente.

Subtilité, poésie, douceur, violence, peurs, noirceur et espoir s'entremêlent sous la plume de Nicolas Cartelet pour créer ce roman empli d'émotions fortes et parfois bouleversantes.

Un livre que je ne peux que conseiller aux amateurs de littérature, d'évasion et de rêve !

(Attention : A ne pas lire si vous n'avez pas trop le moral !)

Sinon, je vous invite à découvrir l'interview de Nicolas Cartelet réalisée lors des Aventuriales de Ménétrol 2017 !
(Oui, il y a une erreur dans le titre de la vidéo.)