mercredi 13 avril 2016 Littérature

Eos - G.D. Arthur

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Inspiré par les espoirs d’une république refondée, Eos, un jeune homme amoureux et rebelle, aime vivre l’instant présent. Son utopie en marche ? Une petite colonie, le Val-de-la-lune, qui oscille entre durs travaux et fêtes chaleureuses, jusqu’au soir maudit où elle est sauvagement attaquée par des créatures monstrueuses, réputées disparues depuis longtemps… Eos se révèle alors un combattant sans pitié, au grand dam de ses compagnons et de ses amours. Mais il est loin de se douter qu’il va rencontrer, ce jour-là, son destin.

Quelques mots sur l'auteur

Afficher l'image d'origineCar sans auteur, pas de roman !

Nouveau venu dans le monde de la fantasy, G. D. Arthur est biologiste de formation. Il a longtemps travaillé dans le domaine du développement territorial et de l’insertion sociale. C'est d'ailleurs grâce à sa grande expérience de la société humaine, qu'il puise son inspiration et contribue à faire de son premier roman un récit atypique et empli de rêveries.

Il est à noter que G. D. Arthur sera présent à Epinal aux Imaginales 2016 !

Eos, des inspirations mythologique ?

Dans la mythologie grecque, Éos est une Titanide, déesse de l'Aurore. Elle est la fille des Titans Hypérion et Théia, et la sœur d'Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune).

Éos est aussi l'épouse d'Astraeos, le Vent du crépuscule. Leur union donne le jour à Éosphoros, l’Étoile du matin et aux quatre Vents — Borée (le Vent du Nord), Zéphyr (le Vent d’Ouest), Notos (le Vent du Sud) et Euros (le Vent du Sud-Ouest) — ainsi qu’à de nombreuses étoiles brillantes.

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Jean Baptiste Marie Pierre - L'Aurore et Tithon (1747)
Musée de Poitiers

Mais... Un jour, Arès, le dieu de la Guerre, tombe sous le charme de la séduisante Éos. La jalouse Aphrodite, découvrant leur liaison, condamne pour se venger Éos à ressentir de l’amour pour de nombreux mortels. De ces amours aux issues le plus souvent malheureuses, les plus célèbres sont celles qu’elle connaît avec Orion, Céphale et Tithon.

Eos est ici une figure féminine, mais rejoint notre héros pour sa chance en amour. De plus, dès la fin de la nuit, Eos s'élance vers le ciel sur son char pour annoncer aux dieux la venue d'Hélios, son frère. Dans le roman notre Eos est lui aussi le messager (à travers la prairie).

Je suppose, d'ailleurs, que le choix de l'illustration de couverture est lié à ce mythe, entre la roue du char d'Eos (mythe grec) ou encore la roue de la destinée.

Mon avis

De la fantasy tragique et pleine de poésie, une histoire violente et sensuelle... Tel est le postulat de départ d'Eos.

Comparé à Glen Cook et Sa Compagnie Noire ou encore à la plume humoristique de Pratchett, Eos m'a plutôt fait penser aux Seigneurs des Runes. Un cycle de fantasy sombre et empli d'ombres écrit par David Farland. (Toutefois, le héros est plus chanceux en amour ! )

Au début du roman, le lecteur suit un groupe de 32 personnes qui ont  décidé de tout quitter pour fonder une communauté loin de la société qu'ils trouvent trop corrompue. Suite à la traversée d'une immense prairie jusqu'à ses confins, ils s'installent auprès d'un petit lac et d'une zone boisée. Le paradis me direz-vous ?! Que nenni...

Après l'installation sans encombres de la communauté, ses membres s'enhardissent à explorer les environs et là... Là, certains évènement fâcheux se produisent. Ou plutôt devrions nous parler de signes précurseurs, des alertes du destin...

Afficher l'image d'origine Roue du destin - Inde

Eos envoyé à la ville pour valider l'installation revient in-extremis la nuit du désastre. Cette nuit scelle son destin et quelque chose au fond de lui se rompt... Devenu lui-même un être enragé et empli de volonté de meurtre, Eos bascule du côté obscur. Bien sûr, grâce à lui la colonie est sauvée... Mais à quel prix ? Toute la belle entente entre ses membres a volé en éclat.

Qui est pour ou contre Eos ?... Il n'aura finalement pas fallu grand chose (si je puis dire) pour faire éclater une première fois la communauté du Val-de-la-Lune.

En parallèle des relations sociales, des relations amoureuses se tissent entre différents membres, dont le triangle amoureux Eos - Liara - Lucran. Un triangle qui les exclut petit à petit du reste du village par l'étrangeté du fait. Encore un point de discorde pour certains...

De mon point de vue, le triangle n'existe pas vraiment. En effet, je trouve que Liara a choisi dès le début et ne fait que s'amuser ou en tout cas profiter des dispositions favorables du second à son égard. Eos a plein de défauts, dont son caractère soupe au lait, mais d'autres personnages sont aussi tête à claque, et c'est dommage.

Pour revenir à l'intrigue, suite à ce premier désastre, les villageois réagissent et s'organisent sous la houlette plus ou moins contestée d'Eos pour se protéger, jusqu’à l'arrivée providentielle des secours. Secours qui seront à l'origine du tournant décisif de l'intrigue. En effet, des forces obscures rôdent... Mais viennent elles d'où on les attend le plus ?

Eos, aidé de ses amis devra, par la force des choses, partir sur les routes à la rencontre de son destin, du destin du monde. En sera-t-il la clé de voute ?

L'histoire d'Eos est intéressante, mais reste parfois assez brouillonne. Des questions se posent, mais ne sont pas tout le temps résolues. Des liens se tissent et n'aboutissent pas ou des raccourcis apparaissent alors que quelques explications seraient bienvenues... Bref, rien de bien méchant, mais cela rend parfois le récit un peu bancal.

Pour les personnages, je n'ai pas accroché à certains plus qu'à d'autres, exceptés la jeune Arnia, maître Atrend qui cache certains secrets et la reine Ouraorc, qui semble receler quelques surprises en devenir. Eos manque cruellement de maturité et j'espère que son caractère s'affirmera par la suite. Certes, il se retrouve avec un poids bien lourd à porter, pourtant son caractère ne nous le rend pas attachant ou trop peu.

La plume de G.D. Arthur se révèle surprenante, entre poésie et légèreté, le challenge est plutôt ardu vu l'ambiance du récit sombre et torturé. Pourtant le pari est réussi, et la lecture très agréable. (Pour ceux qui aiment ce type d'écriture.)

En conclusion, Eos est un roman fantasy assez difficile, noir, sombre… Qui entraîne les lecteurs dans les méandres d'un esprit… Tortueux et surtout torturé. Poésie, humour et noirceur s'entremêlent avec brio dans cette fresque imaginée par G.D. Arthur.

Je suis très curieuse de suivre l'évolution de tout le monde, voir ou leurs pas et leurs choix vont les mener. Quelle est cette sombre menace beaucoup plus puissante que quelques entourloupes de couloirs qui se profile ?

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Titre : Eos

Auteur : G.D. Arthur

Éditions : Mnémos

Illustration : Takahisa Kashi

Nombre de page : 314p